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BEARN ADOUR PYRENEES éditorial n u m é r o juin 2008 Le troc qui est une pratique vieille comme le monde est toujours largement en cours dans le monde politique. On lui préfère simplement le terme d’échange ou encore celui de compensation. La sémantique ne change rien au principe. Nous venons d’avoir une magnifique démonstration de ce que peut être une telle pratique avec l’épisode contemporain du Grenelle de l’Environnement. Comment accepter de donner le feu vert au projet d’autoroute A65 Pau- Langon, attendu depuis quatre lustres par les Aquitains, les Midi- Pyrénéens, sinon les Picto- Charentais, souhaité ardemment aussi par les politiques et acteurs socio-économiques et ne pas transgresser les dogmes sacrés enfantés par les concepteurs du Grenelle de l’Environnement dans le louable but de sauver notre planète ? Certes il n’a pas été difficile à Jean- Louis Borloo de démontrer que l’A65 entrait dans la catégorie des infrastructures échappant à la décision de ne pas construire de nouvelles routes et autoroutes puisqu’étant « cas de sécurité, de congestion ou d’intérêt local ». Impossible de nier donc que la Pau- Langon est aussi indispensable à tout le Sud Ouest que peuvent l’être le soleil et l’eau aux maïs de la plaine de Nay et aux vignes de Jurançon. Mais ce geste positif – évidemment négatif aux yeux des écolos – méritait d’être compensé par une décision négative – pourtant hautement positive pour les autochtones béarnais. Et c’est ainsi - du moins c’est ce que pensent tous les analystes doués de bon sens – que M. Borloo et ses deux secrétaires d’État, dûment inspirés par des conseillers écologistes intraitables, ont sacrifié la « liaison autoroutière » virtuelle de la Pau- Oloron sur le noble autel du Grenelle de l’Environnement et sur celui plus… prosaïque du troc politique. Tout en décrétant quelques mesures accessoires et démagogiques visant la circulation des poids lourds en vallée d’Aspe qui vont de nouveau faire hurler les Aragonais. Voilà comment on fait l’histoire. Et voilà pourquoi, nous sommes innombrables, ici, en Béarn, à être révoltés. infossur le fond comme sur la forme, les recours de la Sepanso et de l’ARLP. On peut imaginer que cette décision a pesé sur les verdicts ultérieurs. Comme a pesé la délibération du Conseil National de Protection de la Nature (CNPN) donnant un avis favorable au projet (par six voix contre quatre), après que le concessionnaire A’liénor ait pris des engagements concernant la sauvegarde des habitats d’espèces protégées telles que le vison d’Europe et l’écrevisse à pieds blancs. Il devra, pour cela, compenser la destruction des terrains sur lesquels est construit l’ouvrage en protégeant une surface équivalente pendant toute la durée de la concession. Pour une route enfin sécurisée On voit mal comment Jean-Louis Borloo, après ces deux validations, aurait pu ne pas donner le feu vert à l’A65. Il l’a donné le 4 juin 2008, mettant un terme à plusieurs longues semaines d’incertitude, déclenchant dans toute l’Aquitaine et même dans le Gers un mouvement de satisfaction quasi unanime. Désormais, une fois les décrets signés libérant les autorisations de mise en chantier, ce qui ne saurait tarder, les équipes de bâtisseurs mobilisées par Al’iénor pourront entrer en action. La réelle satisfaction que nous avons éprouvée en apprenant la validation du projet de l’A65 est hélas! tempérée par l’abandon, pas vraiment motivé, de la liaison Pau-Oloron dont on pense toujours, à Paris, qu’il s’agit d’une… autoroute programmée. Jean-Louis Borloo et Dominique Bussereau, prisonniers de l’austérité dogmatique du Grenelle de l’Environnement et sans doute inspirés par des conseillers écologistes méconnaissant les réalités de notre région, pensent qu’une route moderne et sûre entre la capitale des Pyrénées www.bap-europe.com P ersonne n’ose penser aujourd’huique l’autoroute Pau-Langon ne se réalisera pas. Même s’il reste encore quelques menaces brandies par les associations d’opposants qui déclarent vouloir se tourner vers Bruxelles pour tenter de trouver une faille dans le projet de l’A65, l’opération est si bien ancrée dans les faits comme dans les esprits des décideurs politiques et socioéconomiques ainsi que de la très grande majorité de l’opinion qu’on ne voit pas trop comment elle pourrait être contrariée plus longtemps. D’autant que l’expérience montrera à la face d’un monde écologique soupçonneux et trop enfermé dans une attitude de régression durable que l’A65 pourra porter avec fierté le label d’« autoroute verte » que certains lui ont déjà objectivement décerné. Les sages du Conseil d’État ne s’y sont pas trompés, qui ont sèchement renvoyé les opposants à leurs dossiers irréalistes en rejetant, le 21 mai 2008, Bordeaux-Pau-Oloron-Somport-Saragosse Associez-vous à notre action pour des voies modernes Un nouveau challenge pour les Béarnais Réactiver le projet de liaison Pau-Oloron abandonné par Jean-Louis Borloo suite page 2 Les récentes décisions prises par Jean-Louis Borloo suscitent autant de dépit que de satisfaction. Si l’acceptation par son ministère de l’A65 est tout ce qu’il y a de plus logique, le rejet de la nouvelle route Pau-Oloron, en revanche provoque en Béarn, en raison de son ineptie, un vrai sentiment de révolte. Les bouchons sont quasi permanents entre Jurançon et Gan et ne sont pas rares du côté du Gabarn. (Photo BAP) Atlantiques et celle du Haut-Béarn est inutile; qu’elle nuirait à la fois à la qualité de l’environnement et qu’elle favoriserait l’émission de CO2 dans le ciel béarnais. Théorie qui n’a aucun sens ni aucune justification. En revanche, ce qui a une vraie valeur humaine et écologique, c’est la volonté d’offrir aux usagers de l’itinéraire routier entre Pau et Oloron, - le chemin de fer, avec un service amélioré promis par la Région, ne pouvant résoudre tous les problèmes de déplacement – une alternative sur le plan de la sécurité. Tous les drames de la route ayant fait quantité de morts et d’innombrables blessés depuis des années sur la RN 134 ne méritent-ils pas que l’on s’interroge sur la vraie opportunité d’une route enfin sécurisée? Indispensable à l’équilibre socio-économique Limiter les drames de la route est un beau challenge. Faire en sorte que l’économie d’une région ne soit pas fragilisée par l’absence d’infrastructures modernes mérite aussi l’attention. Il n’est pas nécessaire de sortir d’Harvard ou de l’ENA pour comprendre que les entreprises de la région oloronaise, certaines d’entre elles ayant une notoriété planétaire, ne peuvent pas demeurer isolées en une époque où les facteurs de rapidité sont prépondérants et les risques de délocalisation accentués. À défaut de l’autoroute que l’on aurait dû avoir en même temps que celle de Toulouse à Pamiers, la nouvelle liaison routière Pau-Oloron - qui ne devrait plus s’appeler A650 - est donc indispensable à l’équilibre socio-économique de notre région. Aucune autre action de rafistolage ou d’amélioration de l’actuelle RN 134 n’étant envisageable pour des raisons de pure géographie, il va bien falloir que la Direction des Routes au ministère de l’Équipement trouve une solution de développement durable intelligente et positive. En abandonnant le projet d’une nouvelle route entre le lieudit Gabarn à Oloron et Lescar, elle s’inscrirait dans une fâcheuse attitude de régression durable. Dans tout le Béarn, les élus politiques, de quelque bord que ce soit, se mobilisent donc pour tenter de trouver la parade à une décision d’abandon inepte. Les entreprises également, à l’appel de leurs chambres consulaires. Et les animateurs de BAP, de leur côté, ont fait savoir qu’ils ne restent pas les bras croisés sans réagir. Ils ont pris une initiative dont ils espèrent que le résultat permettra d’ouvrir les yeux des membres du gouvernement sur les vraies attentes des Béarnais et, car il ne faut pas les oublier, des Aragonais lesquels se désespèrent de constater, depuis dix ans, que la France ne met pas ses actes en harmonie avec ses engagements internationaux. suite de la page 1 UN NOUVEAU CHALLENGE POUR LES BÉARNAIS L’abandon de la Pau-Oloron Des questions fondamentales DEVONS-NOUS ACCEPTER QUE LA NOUVELLE LIAISON ROUTIÈRE PAU-OLORON SOIT SACRIFIÉE SUR L’AUTEL DU GRENELLE DE L’ENVIRONNEMENT? C’EST LA QUESTION QUE VOUS VOUS POSEZ VOUS AUSSI SÛREMENT, COMME NOUS, ET QUE NOUS AVONS POSÉE AUX ÉLUS POLITIQUES AINSI QU’À DE NOMBREUX CHEFS D’ENTREPRISES DE NOTRE RÉGION. ELLE EN APPELLE BIEN D’AUTRES PAR EXEMPLE : ■ Est-il acceptable que cette liaison qui estprésentée par certains, à dessein, comme étant une autoroute - cela pour lui conférer un statut qui la rende suspecte aux yeux de l’opinion publique - soit, du jour au lendemain, gommée du catalogue des projets routiers, comme si elle portait en elle tous les vices de la création ? ■ Au nom de quel principe, l’État peut-ilrejeter la modernisation de cet itinéraire qui n’aurait été après tout – si elle avait été faite dans les temps - que l’alter ego de l’autoroute A66 Toulouse-Pamiers, programmée en même temps que l’ex-A650 et qui n’a soulevé aucun problème lorsqu’il a fallu la construire ? Que le projet d’A650 Pau- Oloron ait été remis en question en 2002, pour insuffisance de rentabilité en raison de la nouvelle disposition européenne supprimant la possibilité de l’adossement (1), nous pouvions, à la limite, le concevoir et tolérer qu’un nouveau projet simple de route nationale lui soit substitué. Mais dès lors qu’il s’agit d’une opération ordinaire à 2 x 1 voie pourquoi l’abandonner ? ■ Au nom de quelle idéologie supprimer un programmeroutier qui a fait l’unanimité en Béarn lors de la concertation préalable et qui ne présente aucun problème identifié pour l’environnement et la protection du biotope ? ■ Au nom de quelle réglementation peut-on rayer d’un traitde plume, une route appelée à se substituer à la RN 134 actuelle, obsolète, inaméliorable, terriblement accidentogène (on y a enregistré, de 2003 à 2007, 55 accidents corporels ayant fait 8 morts et 84 blessés) et dont toutes les études ont démontré que la section Gan-Jurançon n’était pas aménageable, sauf à rayer de la carte des dizaines de maisons et à refaire toute la rocade de Pau pour que celle-ci soit vraiment opérationnelle? ■ Enfin, enfin! au nom dequelle doctrine d’aménagement l’État, qui doit veiller à offrir aux régions les plus reculées et les plus enclavées de son territoire toutes les chances de survivre et de se développer durablement, peut-il renoncer à cette infrastructure vitale pour l’économie du Haut-Béarn ? Nous rappellerons qu’Oloron, avec les communes alentour, constitue un bassin industriel très important dont l’avenir pourrait se trouver gravement compromis dans un futur proche, faute de communications modernes et sécurisées avec Pau au nord et (autre problème) avec l’Espagne au sud ? ■ Dans quel pays sommes–nous, pour que, sous prétextesans doute de faire plaisir à des écologistes ignorants de la réalité locale, le gouvernement de la France élimine un projet de route simple appelée à sauver des vies humaines; à sauvegarder une vie économique; à contribuer à une meilleure relation avec notre voisin aragonais et aussi – parce que, à BAP, nous sommes tous attachés à la sauvegarde de notre planète – à participer avantageusement à la réduction de l’envoi de CO2 dans l’atmosphère en éliminant les bouchons et diminuant les temps de parcours? Car la question est là: en quoi cette nouvelle liaison ne serait-elle pas écologique? 18 ans ! Cela fait exactement 18 ans que l’État français nous promène en bateau sur l’océan tumultueux de la liaison routière Pau-Oloron, agité par quelques idéologues écolos embusqués dans les ministères parisiens. En ce jour du 5 novembre 1990, nous étions plutôt heureux d’apprendre, en Béarn, que le CIAT (Comité interministériel d’aménagement du territoire) venait d’inscrire au schéma routier national la section Pau-Oloron sous forme d’une autoroute concédée (antenne autoroutière A650). Heureux de vérifier, un peu plus tard, le 1er avril 1992, que cette nouvelle liaison était confirmée par le décret n°92-379. L’avenir nous a appris depuis qu’il fallait toujours se méfier des 1 er avril. En Béarn,alors que tout le monde était - joyeusement – convaincus que cette fois, c’était la bonne: l’A650 allait participer en plus du désenclavement du Haut-Béarn à une meilleure relation avec l’Aragon grâce au futur tunnel du Somport, le dossier de la Pau-Oloron patina joliment dans la gadoue politico-administrative. Il fallut en effet pas mal de temps à la Direction des Routes pour lancer le projet, tracer un itinéraire à travers les coteaux et définir, après consultation, une bande des 1000 mètres. Trop, beaucoup trop de temps car plus de dix ans s’écoulèrent avant que l’on commence à parler de l’arrêté relatif à l’enquête préalable à la déclaration d’utilité publique. Seulement à parler, car l’arrêté ne fut jamais signé… Aux premiers signes d’impatience succéda carrément l’inquiétude lorsque, au début des années 2000, une information laissa entendre que le ministère de l’Équipement, pas avare d’idées pourvu que ça n’avance pas, optait pour une formule inédite: une autoroute à deux fois… une seule voie. Tollé dans le landernau béarnais: on se moquait de nous! Janvier 2002: les envoyés spéciaux de la Direction des Routes annonçaient à Pau que le projet de l’A650 était abandonné. Impossible, confiaient-ils, d’en assurer la rentabilité en raison d’une prévision de trafic insuffisant et de la suppression du principe d’adossement. Le montant des subventions publiques eût été quasiment égal au coût de l’ouvrage. Exit l’A650! Mais quelle solution trouver? Jean-Pierre Forgerit, ancien DDE des PA, devenu inspecteur général des Ponts-et- Chaussées, fut alors chargé par le ministère d’en chercher une. Il abandonna vite l’idée d’aménager la RN 134 actuelle et même celle qui consistait à réaliser un barreau passant par le vallon de La Hies, de Gan à Laroin, pour proposer d’aménager une nouvelle route nationale à deux fois une voie, avec créneaux de dépassement dans les montées, sur le même tracé que celui de l’A650. Une partie de l’itinéraire pourrait être concédée en raison du coût du tunnel – écologique – d’Arbus long de 2250 mètres. Depuis cinq ans nous sommes donc fixés sur ce schéma là, adopté - souvent à contre coeur mais c’était mieux que rien - par la majorité de la classe politique et par les acteurs économiques de la région. Le Département s’engageait à prendre les études préalables à son compte et même, osait Jean-Jacques Lasserre, à aller plus loin si affinités… Nous en étions toujours là, en ce mois d’avril 2008 du 21 ème siècle, toujours dansl’attente d’une décision définitive – et évidemment positive - de l’État, lorsque M. Borloo, sous l’influence du dogme du Grenelle de l’Environnement, nous fit savoir qu’il avait décidé d’abandonner le projet d’une autoroute Pau-Oloron, projet d’autoroute… disparu, faut-il le souligner, des cartons depuis… six ans. Vingt ans presque ont passé et dans le tiroir de la Pau-Oloron au ministère de l’Équipement – qui est aussi celui de l’Ecologie-, c’est toujours le néant, le vide abyssal. Le projet a disparu, envolé, atomisé, volatilisé… Étonnons-nous d’apprendre que, de l’autre côté de la frontière, les Aragonais sourient amèrement en nous traitant de guignols. Nous, de ce côté, nous aurions tendance à penser que nous sommes plutôt cocus! 18 années d’espoir et soudain… le néant Pour ne plus lire ce genre d’info www.legrenelle-environnement.gouv.fr , C ’Vous pouvez télécharger notre documentation :
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