Un concept inédit pour l'A650 : une autoroute à deux fois ...une voie
Juin 2001

Pau-Oloron

Le Comité Interministériel d'Aménagement du Territoire (CIAT) a inscrit le  5 novembre 1990 au schéma directeur routier national la section Pau-Oloron sous forme d'une autoroute concédée (antenne autoroutière A 650).
Cette nouvelle liaison a été confirmée dans le dernier schéma directeur routier approuvé par décret n° 92 - 379 du 1er avril 1992. 
Par les échanges transpyrénéens et le trafic interurbain qu'elle doit faciliter, elle soulagera d'autant la RN 134 au sud de Pau.
En effet, compte tenu de son intérêt, pour favoriser les relations entres les Pays de la Communauté Européenne, la RN 134 est classée itinéraire Européen E7.
Aujourd'hui l'absence d'autoroute entre Bordeaux et Pau est purement scandaleuse. Mais considérer cette liaison, ô! combien vitale pour notre région, comme une fin en soi, serait commettre une erreur car elle ne peut être conçue que comme une étape de l'axe routier Bordeaux - Pau - Saragosse.

A deux fois ...une voie!
La réalisation de l'antenne autoroutière A 650 reliant Pau à Oloron à partir de la double connexion sur l'A64 Bayonne-Toulouse et de la future A65 Pau-Langon était d'autant mieux acceptée par les Pouvoirs publics qu'elle désenclavait tout le Haut-Béarn et participait à une meilleure relation indispensable pour les échanges économiques et touristiques avec l'Aragon . 
Le projet était bien lancé. Le tracé, tout à fait nouveau, à travers les coteaux séparant la vallée du Gave de Pau et du gave d'Oloron était dessiné et acquis. Les premières consultations concernant la bande des 1000 m avaient été réalisées.
L'affaire se présentait bien jusqu'au jour récent où l'on apprit que le Ministère de l'Equipement optait pour une formule aussi inédite qu'inepte : une autoroute à deux fois une seule voie... On aurait voulu faire avorter le projet qu'on n'aurait pas trouvé meilleure idée ! 
Aujourd'hui, l'arrêté relatif à l'enquête préalable à la déclaration d'utilité publique qui devait être lancée en début d'année n'est toujours pas signé. Et le ministère de l'Equipement a mis le projet en stand by , estimant prohibitif le coût des viaducs, des ouvrages d'art et des deux tunnels, dont l'un de 2520 m à Arbus, conçu pour préserver l'environnement. 
Tout se passe comme si l'opération était au point mort. Au grand dam des Haut-Béarnais, des Aragonais et de tous les usagers qui doivent se rendre à Oloron ou en Espagne par le Somport.

Une avancée illusoire
L'obtention de la déviation d 'Oloron, (Gabarn d'Oloron- Gurmençon) qui semblerait, croit-on savoir, être promise à court terme peut apparaître comme une avancée et témoigne en tous cas de la volonté politique de la nouvelle municipalité d'Oloron de faire " bouger les choses ".
Mais, ici aussi, l'avancée pourrait n'être qu'illusion si cette déviation était dissociée de l'autoroute Pau-Oloron. Car si tel était le cas, la réalisation de la seule première pourrait condamner tout simplement et de manière sans doute définitive la seconde.

Plus une minute à perdre
Quant à un réaménagement de la très meurtrière RN 134 entre Oloron et Pau, tout le monde semble sur la même longueur d'ondes pour en affirmer la quasi-impossibilité technique. Sans parler du coût et des modalités de financement qui, compte tenu du rythme des crédits affectés à des routes nationales, nous placeraient dans la perspective d'une trentaine d'années.
Or, nous n'avons plus une minute à perdre, en matière de sécurité tout d'abord, mais sur le plan économique également comme viennent le rappeler avec force, dans un courrier du 23 avril 2001, les responsables des 3 principales entreprises de la région d'Oloron (voir annexe §1).
L'autoroute Pau-Oloron est aujourd'hui une nécessité vitale pour le bassin d'emploi de la région d'Oloron qui souffre chaque jour davantage de son enclavement.

Dernière nouvelle :
Au cours d'une réunion tenue à la préfecture de Pau, le 24 janvier 2002, les envoyés spéciaux du Directeur des Routes au ministère de l'Équipement et des Transports annoncent un coup d'arrêt du projet d'Antenne autoroutière A 650, au prétexte qu'elle est loin d'être rentable et qu'elle ne peut être financièrement adossable à une autre route - le montant des subventions publiques seraient quasiment égal au coût de l'ouvrage. Ils informent que le ministère met à l'étude une solution intermédiaire d'une liaison aux normes d'une "route de montagne" ordinaire à deux voies avec des zones de dépassement là où les rampes seraient les plus fortes. Serait même envisagé un réaménagement de la RN 134, avec éventuellement un barreau dans le vallon de La Hies, de Gan à Laroin, qui permettrait d'éviter l'itinéraire Gan-Pau classique, hyper encombré. Cette hypothèse, dès qu'elle a été connue, a aussitôt provoqué une levée de boucliers dans la région paloise...

Question : Est-ce que les arguments de base, développés en 1990, favorables à la construction d'une autoroute ont changé ? Non ! sauf un : l'augmentation sensible du trafic et les perspectives nouvelles que va entraîner, sur ce plan, l'ouverture prochaine du tunnel du Somport. Avec le risque d'une augmentation exponentielle des accidents...