|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
Une invention suisse : la RPLP
La Suisse, en ce qui la concerne, a réglé en
grande partie ce problème des poids lourds grâce à sa forte culture du
chemin de fer d’une part et par l’institution, d’autre part, d’une
taxation imposée à tous les véhicules de plus de 3,5 T circulant sur son
territoire. Nathalie Caron, représentante de l’office fédéral du
développement territorial de la Suisse a relaté comment son pays avait
institué une redevance sur le trafic des poids lourds liée aux
prestations (RPLP), qui est en quelque sorte l’application du principe
pollueur-payeur.
Pas moins de vingt ans se sont écoulés
entre les premières ébauches du projet et son application le 1er
janvier 2001, intervenue à la suite d’une « votation » positive des
citoyens helvètes en 1998 ( 57% de votes favorables). La RPLP qui a
fait l’objet d’un accord entre le Suisse et l’Union Européenne est
perçue sur toutes les routes de la confédération, chaque kilomètre étant
soumis à la redevance, les Suisses (75% du trafic) n’étant pas, bien
sûr, exclus du système.
Pour la petite histoire, il faut savoir que
le barème de la redevance a été calculé sur la base des coûts externes
de la circulation des poids lourds en 1993 : 766 millions d’euros,
chiffre divisé ensuite par les 47 milliards de tonnes-km déterminés par
les prestations totales accomplies par les véhicules en Suisse. D’autres
critères interviennent dans le calcul de la RPLP : le nombre de
kilomètres parcourus en Suisse, le poids total maximum admissible et les
valeurs d’émission polluantes du véhicule. La base de la tarification
est de 1,12 centimes d’euro tonne/km.
Ainsi un camion de 34 tonnes très polluant
traversant le territoire de Bâle à Chiasso (300 km) paie-t-il une RPLP
de 114,2 € ( 750 francs). La RPLP peut monter jusqu’à 135 € pour les
véhicules les plus polluants. L’administration des douanes qui gère le
système a misé sur la technique moderne : soit les camions sont équipés
d’un appareil de saisie qui mémorise toutes données nécessaires et
fonctionne aux frontières par un système de radio-balise, soit les
chauffeurs des camions non équipés introduisent une carte
d’identification dans un terminal de traitement et déclarent le
kilométrage figurant au compteur. La redevance est payée alors au moment
de quitter le territoire.
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||