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Le "canfranero"
Le "Canfranero" comme si vous y étiez
16 h 23 - Un chef de gare coiffé du képi rouge caractéristique des attributs d’autorité des cadres la RENFE agite son drapeau en soufflant plus par habitude que par enthousiasme dans un sifflet qui serait très insuffisant aux arbitres de l’Eurofoot. Le « Canfranero » s’ébranle, file sur 200 mètres. Et s’arrête. Allons bon ! Mais c’est pour mieux repartir en arrière afin d’être en avant dans la bonne direction (nord-ouest).
| Ici, dans cette immense plaine de l’Ebre où se dorent sous un soleil très chaleureux les épis de blé à perte de vue, avec pour toile de fond, les ondulations vertes de la sierra de Loarre, le chemin de fer a un tracé rectiligne. |
 A 80 km/h dans la plaine de l'Ebre... (Photo BAP) |
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Le Canfranero fonce à 80 km/h, le conducteur gardant sous la semelle la possibilité d’accélérer jusqu’à 120 km/h. Ce qu’il se garde bien de faire. Les rails sont droits certes, mais ni le ballast, ni la conception sommaire même de ce ferrocarril n’autorisent cette liberté. |
Première station : Plasencia. Une gare minimum, quasiment abandonnée, voisinant avant les hauts silos de la société de semoulerie Harineras Villamayor visitée le matin, utilisatrice du ferrocarril ainsi qu’en témoignent les voies voisines plus ou moins rouillées et plus ou moins fleuries d’herbes sauvages. Personne ne monte ni ne descend. L’arrêt – réglementaire - dure cinq minutes. Le conducteur, un homme sympathique, en profite pour vérifier à hauteur des boogies, si les freins répondent bien.
Le Canfranero s’ébranle de nouveau, joyeusement, toujours dans la même direction mais au bout de quelques kilomètres, le relief se fait légèrement plus tourmenté. Les champs se creusent par endroits au milieu de tucs érodés. Du coup, la voie se fait un peu plus sinueuse avant de s’insinuer vers le nord-nord-ouest en direction de la sierra de Riglos.
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