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Pau-Canfranc : une fausse bonne solution
PAU-CANFRANC : UNE FAUSSE BONNE SOLUTION ? Et si l’on faisait monter les camions ou leur chargement sur les trains pour régler le problème des camions en vallée d’Aspe, en confiant à la ligne réhabilitée Pau-Canfranc le soin d’assurer le transport du fret ? Voilà au moins deux décennies qu’on évoque l’idée de ce transfert. Voyons comment se présente le problème. Un simple calcul montre que 600 camions - hypothèse plausible - transportant par jour en moyenne 18 tonnes de marchandises représentent à l’année un volume global de fret transporté de 3 942 000 tonnes. En admettant qu’il soit techniquement, autoritairement et financièrement possible de basculer toutes les marchandises des camions sur le train, le Pau-Canfranc n’aurait la capacité d’en véhiculer que la moitié. Les études réalisées par divers cabinets d’experts démontrent qu’en raison des fortes rampes (4,3%) et de la configuration de la ligne en France, les trains circulant sur le Pau-Canfranc ne pourraient prendre en charge, en effet, que la moitié du tonnage, soit environ 2 millions de tonnes/an. Les fourchettes de capacité de transport des trains proposés par les experts vont de 1,2 MT à 3 MT (capacité maximum théorique) (1) Encore n’évoque-t-on pas ici les ruptures de charges liées au transport du fret en direction des gares et à l’écartement actuel – certes modifiable- des voies entre (1) On notera qu’il y a, dans ces études, une confusion entre les tonnages bruts - tonnages remorqués, y compris la tare des wagons, et les tonnages commerciaux ou tonnages taxés, c’est-à-dire les tonnages réels des marchandises. EFFETS DE L’ECOTAXE ? Le projet du Gouvernement d’instaurer, d’ici 2012, pour tenter de diviser par deux en six ans les émissions des gaz à effet de serre, une écotaxe – entre 5 et 30 centimes au kilomètre – visant les véhicules de transport routier de plus de 3,5 tonnes sur le réseau routier national non concédé et les routes départementales et communales ne devrait pas avoir d’incidence sur les choix d’itinéraires des routiers étrangers. Les groupements de transporteurs comme l’OTRE laissent entendre cependant que, dans l’hypothèse où l’écotaxe ne serait applicable qu’aux véhicules français, un risque de concurrence pourrait s’établir rapidement pour les transporteurs français. Les Espagnols, par exemple pourraient s’emparer de certains marchés en Béarn et en Aquitaine, ajoutant alors un trafic supplémentaire au Somport. |
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