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Une affaire européenne

    La réalité des Pyrénées, dernière frontière visible et réelle en Europe, rend difficile la circulation des marchandises et des hommes hors les extrémités de la chaîne qui drainent 76% du trafic des véhicules, a souligné Marcelino Iglesias, président du Gouvernement autonome d’Aragon, en ouvrant les débats.  La chaîne pyrénéenne comporte 27 passages dont 4 seulement  sont des axes ferroviaires. Mais sa vulnérabilité  due aux conditions climatiques ne favorise pas l’intégration de la Péninsule  ibérique dans l’Europe.

     D’où l’idée  d’une traversée ferroviaire au centre du massif qui s’impose comme un projet indispensable. L’Union Européenne n’a pas hésité à l’inclure dans le programme des projets transeuropéens qu’elle soutient financièrement avec l’objectif de la combiner avec le réseau des lignes à grande vitesse pour renforcer la nécessaire vertèbration du Sud Ouest européen.

 

  Le président du gouvernement d’Aragon a rappelé à cet égard  la position stratégique de sa communauté, au centre d’une  zone allant de Bordeaux et Toulouse à Madrid et de Valence à Bilbao,  où ce concentrent 30 millions de personnes. Il faut aussi se convaincre que les échanges vont se développer avec les pays du Maghreb et l’Afrique de l’ouest, lorsque  les corridors ibériques seront plus accessibles le jour où un ouvrage – pont ou tunnel – facilitera les communications par le détroit de Gibraltar. Implantée sur 1200 hectares à Saragosse, la plate-forme logistique Plaza compte fortement sur la TFPC pour une meilleure distribution des flux  en direction du reste de l’Europe.

    A l’aspect économique du projet s’ajoute aussi la nécessité, a plaidé Marcelino Iglesias,  de penser à l’avenir du transport en ayant  à l’esprit la lutte contre la pollution. La TFPC est sur ce plan le seul projet garantissant un développement  équilibré et durable.

    Un projet aussi pharaonique – on parle d’un investissement global de 6 à 8 milliards d’euros, soit six à huit fois plus que le projet de l’autoroute Pau-Langon - ne se conçoit pas sans donner lieu à une profonde réflexion. Il faut savoir quelles en sont les contraintes techniques et environnementales et il faut aussi bien en connaître toutes les incidences financières.

    

30 projets européens prioritaires

 

    Le premier, Vicente Luque Cabal, au nom de la Commission européenne, a présenté le programme communautaire des réseaux transeuropéens dont  les orientations doivent favoriser la relation  des réseaux  routiers, ferroviaires et portuaires entre eux. Dans cette perspective, on calcule le coût de ces réseaux autour de 900 milliards d’euros d’ici 2020 pour les trente projets prioritaires, routiers et surtout ferroviaires. L’U.E. a prévu une financement de quelque 8 milliards d’euros pour la période 2007-2013. Avec un espoir: que cette enveloppe puisse s’accroître entre 2014 et 2020.

    Le financement de toutes ces opérations est lourd pour tout le monde.  L’Espagne qui va devoir quitter le Fonds de cohésion européen en 2010/2011, pourra se focaliser sur le programmes des RTE. Ainsi, l’UE a décidé  de contribuer à hauteur de 50% aux études préliminaires de la Traversée Ferroviaire des Pyrénées Centrales. Le représentant de l’UE qui coordonne  la gestion des RTE a énuméré quelques  projets à grande valeur ajoutée  sur lesquels la communauté européenne a décidé de  concentrer ses subventions :  le tunnel du Brenner (longueur 56 km) qui se situe entre l’Italie et l’Autriche sur le corridor Berlin-Palerme, la liaison Lyon -Turin qui a démarré ainsi que la TFPC, projet phare de l’Aragon,  à un peu plus long terme.

 

Repères chronologiques

-          Le Mont-Cenis a été le premier tunnel transalpin ( 1871)

-          Le tunnel du Saint-Gotthard  a suivi, à une altitude de 1600m.s

-          Le tunnel routier du Mont-Blanc a été mis en service en 1965

-          Pour traverser les Pyrénées ( largeur 430 km) de l’Atlantique à la Méditerranéen on dénombre deux tunnels  ferroviaires et cinq tunnels routiers

-          Le tunnel ferroviaire du Puymorens long de 5,4 km a été ouvert en 1921

-          Le tunnel ferroviaire du Somport qu’accompagnent 16 tunnels dont un  hélicoïdal a été percé de 1908 à 1912  et inauguré en 1928

-          Les Pyrénées sont traversées par 5 tunnels routiers : le Puymorens(1998), le Somport (2003) , Aragnouet-Bielsa (1976), Viella au Val d’Aran,  nouvel ouvrage bi-tube parallèle à l’ancien ouvert en 1948, inauguré en décembre 2007 et le tunnel d’Envalira inauguré en 2002  à 2000m d’altitude.

 

 Pascual Villate Ugarte, directeur général de planification  au ministère de l’Equipement à Madrid a donné une idée des efforts consentis par l’Espagne pour doter son territoire d’infrastructures ferroviaires multimodales et modernes, l’ambition déclarée du Royaume étant de se doter, à l’horizon 2020, de … 10 000 km de lignes de « alta velocidad » (http://www.adif.es/infraestructura/index.html).   Les projets définis  dans le cadre  de l’interopérabilité des réseaux de  la Péninsule montrent par exemple que sur les 4200 km  de lignes de « alta velocidad » programmées, 1000 km sont déjà en service, 1500 km sont en travaux  et 1 700 km sont en projets.

       Pour ce qui est des projets internationaux, par exemple ceux intéressant le Portugal et la France, des groupes de contact de haut niveau ont été constitués pour analyser toutes les questions techniques et suivre la progression des accords bilatéraux. Ainsi l’AEIE  (Agrupacion Europeo Interes Economico) que préside le président de l’ADIF (Administrador de Infraestructuras Ferrovarias)  supervise les travaux des commissions interrégionales qui se penchent sur les liaisons Dax-Vitoria, Perpignan-Figueras ainsi  que le groupement chargé de réfléchir au programme d’études sur la TFPC. Ces groupements de travail bilatéraux  sont également chargés d’analyser  les conditions d’exploitation des lignes Pau-Canfranc et Vigo-Porto.